Grâce au développement du haut débit et à l’essor des plate-formes communautaires (YouTube ou Dailymotion), les salariés se sont emparés de la vidéo dans leurs sphères privées. Selon l’institut comScore, les internautes sont ainsi devenus de véritables « vidéophages » avec une consommation moyenne de 6h26 par mois (décembre 2008). En mai 2008, quatre internautes français sur cinq (25,2 millions) ont visionné pas moins de 2,3 milliards de vidéos.
Avec de tels usages en développement, il était temps que l’entreprise se mette au diapason de cette génération Y ! WebTV en intranet, WebTV corporate… De nouveaux écrans ont fait leur apparition dans le monde de l’entreprise, avec un atout majeur : ce changement de paradigme du texte à l’image. « Par rapport à un texte, la vidéo se révèle un outil très pertinent dès lors que la communication nécessite d’être didactique, pour mieux expliquer, clarifier et démontrer », explique Guillaume Mikowski, directeur associé de Brainsonic.
Valeur ajoutée
Autre aspect, le côté fédérateur d’une vidéo – souvent bien plus que le magazine interne, d’ailleurs... « La WebTV met en lumière les gens, les collaborateurs se reconnaissent. Elle ramène de l’humain dans l’entreprise », souligne Xavier Cazard, directeur associé d’Entrecom. La WebTV est aujourd’hui devenue un outil collaboratif : partage d’expériences, de compétences ou de projets, la vidéo permet aux uns et aux autres de mieux se découvrir. Ainsi, un acteur de la grande distribution a eu l’idée de mettre au point un portail de vidéos communautaires. Ou comment le chef d’un rayon poissonnerie raconte à ses collègues comment il a agencé son rayon cette semaine… Ces photos ou vidéos sont souvent réalisées à partir d’un téléphone mobile. « Dans ce cas, ce qui compte ce n’est pas la qualité de la vidéo mais bien sa valeur ajoutée, ce qu’elle apporte aux salariés », explique Guillaume Mikowski chez BrainSonic.
Autre exemple, la HPM TV de Saint-Gobain. Quand, fin 2004, la direction de la communication de Saint-Gobain dote le nouveau pôle « Matériaux de performance » d’une WebTV, c’est bien dans le but de fédérer les équipes fraîchement réunies. Autrement dit, la force de l’image… « Il y a un besoin d’images dans l’entreprise », souligne Xavier Aucompte, directeur général de Web escape agents. L’univers corporate a été submergé par l’écrit, jusqu’à « l’infobésité. À présent, on revient à l’oralité ».
Rich Media
Désormais, un nouvel arbitrage se fait : ce qui est important, on l’écrit, le reste, on le montre en vidéo. L’intranet est le lieu désigné pour cela, mais, pour ne pas le cannibaliser, il faut bien l’agencer. Dans de nombreux cas, les intranets sont en effet devenus « un dépotoir encombré de documents et de matériaux périmés », dénonce Victoria Mellor, présidente de Melcrum (association des directeurs anglo-saxons de la communication). Son nouveau rapport, Transformer votre intranet, souligne aussi ce fait : « Il est grand temps d’imaginer des intranets centrés sur les réels usages des salariés ». Sur cette plate-forme interne, il faut donc donner au salarié un accès le plus direct et le plus simple possible à la vidéo. « Quand vous allez sur Youtube, vous venez y chercher une vidéo bien particulière et pas forcément les dernières mises en ligne », souligne Guillaume Mikowski. En d’autres termes, il faut trouver un juste équilibre : la WebTV doit être, pour l’intranet, une porte d’entrée dans l’ère du « rich media » où désormais textes, images, sons et vidéos doivent converger en harmonie… De même, loin d’une recherche d’audimat, elle doit avant tout améliorer la productivité des salariés et donc, à terme, celle de l’entreprise.
Bon nombre d’entreprises doivent prendre le train en marche car l’évolution des média se poursuit. Dans cette explosion de nouveaux supports, la WebTV a un rôle majeur à jouer. De même, le téléphone mobile, dont on parlera encore plus demain, n’est en réalité qu’un écran supplémentaire dans le réseau du salarié, sur lequel il pourra visionner une vidéo interne… Il ne s’agit pas d’un combat d’un format contre un autre, souligne Xavier Aucompte. Une mutation s’opère vers un “espace numérique de travail”. »




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